COMMENT SE FAIT LE DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL ?

INVITATIONS ET RELANCES PAR L'ADCCO

Le dépistage organisé du cancer colorectal est un programme national de santé publique qui a été généralisé en France en 2008.

Depuis 2008, tous les 2 ans, l'ADCCO envoie des courriers aux Corréziennes et aux Corréziens de 50 à 74 ans pour les inviter à en parler à leur médecin traitant.
En 2015, la présentation de ces courriers est modifiée du fait du changement de test : le test Hemoccult utilisé depuis 2008 est remplacé par un autre test de recherche de sang occulte dans les selles qui est un test immunologique.

Cliquer ici pour voir principe et objectif du dépistage, et un des courriers

Leur médecin remettra ou non le test avec tout le matériel nécessaire.
Il décide en effet de la conduite à tenir en fonction de chaque cas car le dépistage proposé ne concerne que les personnes de 50 à 74 ans, dites "à risque moyen", c'est-à-dire sans risque particulier ou accru de cancer de l'intestin.
Ce "risque moyen" d'avoir un jour un cancer colorectal est de 3 à 4 % pour les 50-74 ans sans aucun symptôme d'appel et sans antécédents personnels ou familiaux.
Et 80% des cancers diagnostiqués concernent cette population qui est donc la "population cible" du dépistage organisé.

Recevoir le courrier de l'ADCCO est bien l'occasion de parler avec votre médecin de ce domaine digestif  (qui est encore malheureusement un peu tabou pour nombre d'entre nous ...) :
•    lui signaler d'éventuels symptômes anormaux (présence de sang rouge ou noirâtre sur les selles,   troubles récents ou aggravés du transit intestinal, constipation inhabituelle ou diarrhée persistante, douleurs ou faux besoins, fatigue anormale ou essoufflement pouvant traduire une anémie, …)  
•    et faire le point sur vos antécédents et ceux de vos proches (cancer de l'intestin ou polypes digestifs chez vos parents, frères ou sœurs, voire vos enfants).
Autant de cas qui le conduiront à ne pas vous donner le test mais à vous prescrire d'emblée une coloscopie. Le risque du fait d’un antécédent familial  de polype de plus d’1 cm est aussi important que du fait d’un antécédent de cancer.
Le risque moyen vie entière d’avoir un cancer colorectal est de 4 à 10% en cas d’antécédent personnel ou familial, on retrouve dans ce cadre 15 à 20% des cancers diagnostiqués.        Ce risque est de 40 à 100% en cas de prédispositions génétiques, situations à risque très élevé, correspondant à seulement 1 à 3 % des cancers diagnostiqués.

Si vous avez eu une coloscopie récente normale il y a moins de 5 ans, le test de dépistage n'est pas indiqué, il ne sera à faire que dans un délai de 5 ans à partir de la date de votre coloscopie.  

Cliquer ici pour voir les motifs d'exclusion du dépistage

Au dos du courrier, se trouve un questionnaire à lire attentivement, précisant justement toutes ces situations où on ne doit pas faire le test cliquer ici pour voir le questionnaire
Il est très important de le retourner complété à l'ADCCO si une de ces situations vous concerne, il sera tenu compte des renseignements que vous apportez pour programmer ou non une nouvelle invitation dans le cadre du dépistage organisé (exclusion temporaire ou exclusion définitive du dépistage organisé).

Une enveloppe retour T préaffranchie est systématiquement jointe aux courriers.

Si vous ne faites pas le dépistage, parce qu'il n'est pas indiqué pour vous pour raison médicale, ou aussi parce que vous ne voulez pas le faire, renvoyez le questionnaire à l'ADCCO après l'avoir complété pour éviter des relances inutiles ou non justifiées et diminuer le coût du dépistage.
Informer d'un changement de situation ou d'adresse permettrait aussi une meilleure organisation et une meilleure efficacité.

Si à ce 1er courrier ne fait suite ni dépistage ni retour du questionnaire, deux courriers de " relance" vous seront adressés à quelques mois d'intervalle, avec à nouveau le questionnaire et une enveloppe retour préaffranchie.

Ce sont les caisses d'Assurance Maladie qui transmettent à l'ADCCO les coordonnées des assurés de 50 à 74 ans, sous forme de fichiers cryptés protégés.
Aucune donnée médicale n'est bien sûr jointe à ces fichiers. Le médecin de l'ADCCO ne peut pas connaitre votre situation ni vos antécédents si vous ne lui en faites pas mention.

Le dépistage est gratuit car le coût d'achat du test et le coût de la lecture sont pris en charge directement par votre caisse d'Assurance Maladie, la consultation chez votre médecin sera remboursée selon les modalités habituelles.

LE TEST DE DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL

De 2008 à 2014, le test de recherche de sang dans les selles utilisé dans le dépistage organisé du cancer colorectal  était un test colorimétrique, l’Hemoccult, qui a permis de dépister en France environ 28 000 cancers et 73 000 adénomes avancés (lésions potentiellement précancéreuses et donc cancers évités).
Le nouveau test de recherche de sang dans les selles est un test immunologique, test quantitatif qui doit être encore plus efficace, plus précis et qui est plus  simple, plus rapide à faire car il ne nécessite qu’un seul prélèvement de selles.

Cliquer ici pour voir la présentation du nouveau test

On le fait donc tranquillement à la maison, après avoir bien lu le mode d'emploi. Puis on envoie le tube de recueil et la fiche d'identification complétée dans l'enveloppe pré affranchie comportant l'adresse du laboratoire CERBA, seul centre de lecture qui reçoit tous les tests de métropole. Les résultats sont adressés par le laboratoire au bénéficiaire ainsi qu’à son médecin, dans les 15 jours suivant la réception.

Ces deux petits films de l'INCA (Institut National du Cancer) vous permettent de mieux faire connaissance avec ce nouveau test et vont vous décider à faire ce dépistage !

VOIR FILM 1     |     VOIR FILM 2

Respecter le mode d'emploi est important. Ne r ien oublier évite des utilisations non conformes obligeant à refaire un test qui n’aura pas été lu.
Avec l’Hemoccult, les causes les plus fréquentes pour ces tests non analysables (5% des tests réalisés en 2014) étaient les suivantes : absence d’étiquettes d'identification, dates des recueils non mentionnées, dépôts en excès, délai d'envoi au laboratoire dépassé, nombre insuffisant de prélèvements ou utilisation d'un test périmé.
Avec le nouveau test immunologique, plusieurs de ces causes sont à nouveau retrouvées, en particulier absence d’étiquettes, fiche sans étiquette mal remplie, dates non mentionnées sur le tube de recueil et la fiche d’identification, arrivée hors délai au laboratoire …
En cas de test non analysable, vous recevez du laboratoire un courrier d’explication puis une nouvelle fiche d’identification pré remplie et enfin un nouveau test dans le mois suivant.
Pour éviter une grande part de ces problèmes, si vous n’avez pas reçu ou si vous n’avez plus  le courrier récent de l’ADCCO, il est essentiel de le demander pour avoir les 2 étiquettes nécessaires : la grande à coller sur la fiche d’identification et la petite à coller sur le tube après y avoir noté la date du recueil. Les petites étiquettes code barres du dépistage avec le test Hemoccult ne sont plus valables et il ne faut pas les utiliser !


LES RESULTATS DU DEPISTAGE

Le dépistage est négatif dans 96 % des cas : il n’y a pas présence dans les selles de sang en quantité supérieure au seuil de positivité en vigueur - vous recevez le courrier de résultat du laboratoire CERBA et vous recevrez à nouveau un courrier de l'ADCCO dans 2 ans.

Refaire le dépistage tous les 2 ans est absolument nécessaire pour qu’il soit efficace et contribue à diminuer la mortalité liée à cette maladie.
Tous les polypes et tous les cancers ne saignent pas. Ceux qui saignent ne le font pas forcément tous les jours. L'absence de sang ne signifie pas toujours l'absence de lésion. On parle de « faux négatif » du dépistage. Mais la cancérisation éventuelle d’un polype est un processus assez long pour qu'un dépistage ultérieur permette de faire découvrir la lésion à temps.

→ Le dépistage est positif dans 4% des cas.
Votre médecin en sera, comme vous,  informé par le laboratoire et vous indiquera la conduite à tenir : programmer une coloscopie, examen indispensable pour rechercher l'origine du saignement et vous en expliquera le déroulement et les résultats.
La coloscopie, réalisée en milieu hospitalier ou en clinique par un gastroentérologue, le plus souvent sous anesthésie générale, permet un diagnostic précis.                                       

Un tube souple contenant des fibres optiques introduit par l'anus remonte jusqu'à l'intestin grêle. Le gastroentérologue examine tout l'intérieur du gros intestin, effectue si besoin des prélèvements pour analyse (biopsies) ou retire des polypes s'ils ne sont pas trop gros (la chirurgie n'est alors pas nécessaire).  Cet examen nécessite un colon propre et doit être précédé d'une préparation qui est actuellement relativement peu contraignante et toujours bien précisée par le gastroentérologue.                                                                                                        

Les complications sont très rares. Pour 10 000 coloscopies, dans le cadre du dépistage organisé ou non, les données de l’Assurance Maladie sont de 5 à 10 accidents de perforation de la paroi intestinale et de 1 à 3 problèmes d’hémorragie.


Un test positif ne doit jamais être refait mais toujours conduire à la coloscopie qui est un excellent examen puisque l'intérieur de l'intestin est examiné dans sa totalité, examen de diagnostic mais aussi interventionnel  puisqu’il permet de faire des biopsies et souvent d'enlever des polypes.
Pourquoi ne pas refaire le test ? Parce que ce serait complètement illogique et inutile. Les polypes ne saignent que de façon intermittente. Un 2ème test pourrait s’avérer négatif même s'il y a un ou plusieurs  polypes, voire un cancer. Ce résultat faussement négatif va rassurer à tort et donc laisser une lésion évoluer sans aucun symptôme d’appel.
Avoir mangé du boudin ne rend sûrement pas le test positif car le test immunologique est basé sur une réaction antigène / anticorps spécifique de l’hémoglobine humaine. Boudin ou d’autres histoires alimentaires ne sont absolument pas recevables comme  argument pour ne pas faire la coloscopie !
Un traitement fluidifiant, antiagrégant ou anticoagulant n'est pas un obstacle au dépistage, il n'augmente pas le pourcentage de tests faussement positifs car une muqueuse intestinale saine ne saigne pas, mais il peut même rendre  le test encore plus efficace car une petite lésion va saigner plus facilement sous traitement !
Faut-il encore insister sur ce point et préciser qu'on peut prendre ce type de médicament et avoir des polypes voire un cancer de l'intestin…
Si le dépistage est positif, il faudra interrompre temporairement le traitement avant la coloscopie, comme avant une opération chirurgicale ou une extraction dentaire, car le gastroentérologue peut être amené à faire une biopsie ou retirer un polype et il y aurait alors un risque de saignement. Votre médecin, votre cardiologue, votre anesthésiste règleront ce problème le plus souvent sans difficulté.
Et les hémorroïdes ??
Le sang avec lequel le test réagit n'est pas le sang rouge visible sur les selles, ou sur le papier à l'essuyage, et qu'on rattache le plus souvent à des hémorroïdes, mais du sang invisible, occulte, en partie « digéré » car venant de plus haut dans l'intestin.
La présence d'hémorroïdes n'empêche pas la réalisation du test, on peut prélever les échantillons de selles à distances des traînées éventuelles de sang rouge visible.
Mais là encore, il faut bien comprendre qu’avoir des hémorroïdes n'empêche pas d'avoir des polypes ou d'autres lésions de l'intestin …
Si vous avez des saignements rouges, et si vous n'avez pas eu de bilan, il faut en faire un pour vérifier qu'il s'agit bien d'hémorroïdes, juger de leur importance et s'assurer de l'absence d'autre lésion.
Il faut donc en parler et demander l’avis de votre médecin : soit coloscopie d'emblée, soit dépistage en faisant le test.



C'est très important en tout cas de ne pas rester sans dépistage.



Important
Le dépistage du cancercolorectal ne se fait plus avec le test "Hemoccult" depuis février 2015.
Pour découvrir les avantages et la présentation du nouveau test, cliquer ici

 C'est un test immunologique de recherche de sang dans les selles plus performant,
et aussi plus simple à utiliser car il ne nécessite qu'un seul prélèvement de selles.
Demandez le à votre médecin.


                                             
 
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