LES RÉSULTATS DU DÉPISTAGE DU CANCER COLORECTAL EN CORRÈZE

La Corrèze compte un peu plus de 78 000 hommes et femmes de 50 à 74 ans qui, depuis 2008, reçoivent tous les 2 ans les courriers de l'ADCCO pour ce dépistage, sauf s’ils ont signalé une coloscopie récente ou un suivi programmé régulier par coloscopie du fait d’antécédents personnels ou familiaux.

LA PARTICIPATION 

Le taux de participation est passé de 40% en 2009-2010 à 33,6% en 2013-2014. La Corrèze est au 33ème rang des départements, classement stable depuis la mise en place de ce programme généralisé de dépistage. Les moyennes nationales pour ces mêmes périodes sont 33,8% et 29,8%.

L’objectif pour un dépistage efficace est un taux de participation minimum de 45%, souhaitable de  50%, voire 50 à 60%.
L’évolution des taux de participation par périodes de 2 ans montre qu’il est malheureusement  loin d’être atteint, aussi bien au niveau local qu’au niveau national.
D’un canton à l’autre, comme le montrent les cartes, la participation est variable, en partie sans doute fonction de l’implication plus ou moins importante des médecins généralistes dont le rôle est essentiel pour informer, convaincre et assurer le suivi.

Cliquer ici pour voir les données de participation nationales et locales

Les hommes participent moins que les femmes et pourtant sont plus exposés. A nombre égal de coloscopies, polypes à risque et cancers concernent des hommes dans 60% des cas.
Au niveau national, pour la période 2013-2014, la participation est meilleure pour les femmes (31,5%) que pour les hommes (28%).
Le taux de participation augmente avec l’âge : il passe pour les femmes de 27,8 chez lez 55-59 ans à 37,1% chez les 70-74 ans et pour les hommes de 23,8 à 36,1%.

La même différence homme/femme est constatée en Corrèze.
En 2011-2012, participation féminine de 38,3% et masculine de 32,6%.
En 2012-2013, les taux sont plus faibles encore avec 36,3% et  31,2%.
En 2013-2014, la baisse se confirme, taux de 35,2% et 31,5%.

L’objectif national pour le taux de participation, conforme aux recommandations européennes,  tient compte des taux d’exclusions pour les personnes qui relèvent d’un dépistage par coloscopie (et non par simple recherche de sang dans les selles).
Pour 2013-2014, le taux moyen des exclusions au niveau national est 12,6%.
Il est en Corrèze de 14,7%.
Un taux de 10 à 15% est constaté dans la très grande majorité des départements, comme l’indique la carte publiée par l’Institut de Veille Sanitaire.


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LES DÉPISTAGES POSITIFS

Les taux de dépistages positifs avec l’Hemoccult en Corrèze sont en accord avec les données nationales.
Ils sont passés de 3,4% en 2010 à 2,3% en 2013 puis 2,6% en 2014, baisse logique au fur et à mesure des campagnes de dépistage pour une population fidélisée.
La moyenne nationale en 2014 est de 2,2% de dépistages positifs.
Avec le test immunologique, les prévisions sont de l’ordre de 4% au moins. Il y aura donc un plus grand nombre de coloscopies réalisées à la suite d’un dépistage positif.


Cliquer ici pour voir les taux de dépistages positifs


Un test positif doit nécessairement conduire à faire une coloscopie.

Si cet examen n'est pas effectué dans un délai d'un an après le dépistage positif, que le refus de la coloscopie ait été clairement énoncé ou non, les règles nationales sont de prononcer une exclusion définitive. Aucun autre courrier ne sera adressé à la personne concernée, qui en sera avisée ainsi que son médecin. Cette exclusion sera bien entendu supprimée si une coloscopie est effectuée et une nouvelle invitation adressée 5 ans après la coloscopie



LES RÉSULTATS DES COLOSCOPIES

De juillet 2008 à janvier 2015, 2 030 coloscopies ont été effectuées après test Hemoccult positif dans le cadre du dépistage organisé en Corrèze. Les résultats sont conformes aux prévisions, avec confirmation d’une prépondérance masculine puisque, pour un nombre de coloscopies à peu près identique entre hommes et femmes, 60% des adénomes avancés et 66% des cancers concernent des hommes.

Dans la moitié des cas, la coloscopie est normale, elle peut montrer autre chose, des diverticules par exemple, mais pas de polype ni de cancer. On parle de faux positif ou de dépistage positif négativé.
L'ADCCO va programmer la prochaine invitation pour le dépistage dans un délai de 5 ans (et non 2 ans).
Dans l'autre moitié des cas, la coloscopie permet de repérer - et très souvent de traiter :
Des polypes dont certains se sont transformés en adénomes à risque élevé de cancérisation (lésions précancéreuses traitées = cancer évité) pour 18% des coloscopies, comme au niveau national ;
Ou des cancers, très souvent développés sur des adénomes pré existants (cancers pour 9% des coloscopies, mieux que le taux de 7% au niveau national)

 Cliquer ici pour voir les graphiques de résultats des coloscopies du dépistage

LE PRONOSTIC DES CANCERS DÉPISTÉS

Le dépistage du cancer colorectal découvre bien sûr moins de cancers que le dépistage du cancer du sein mais il découvre, en nombre plus important, des polypes et surtout des adénomes avancés  à haut risque de cancérisation, ce qui est vraiment de la prévention !

En CORREZE, les stades de découverte pour 162 cancers dépistés depuis la mise en place du dépistage organisé sont majoritairement des stades précoces (dans 75% des cas) :


Excellent pronostic pour presque 60% des cancers dépistés
Soit cancers in situ, 49 cas, c'est-à-dire restés superficiels et localisés au polype qui a dégénéré, guérison à 100% et ce dès la coloscopie le plus souvent ! ils représentent plus de 30% des cancers dépistés.
Soit cancers ne touchant qu'une partie de l'épaisseur de la paroi de l'intestin et n'envahissant bien sur pas les ganglions, 47 cas : guérison au moins 9 fois sur 10 ! ce sont 29% des cancers dépistés.
Le pronostic est encore relativement bon pour les 27 cancers affectant toute la paroi intestinale mais toujours sans atteinte des ganglions.
Il est nettement plus grave dès qu'il y a envahissement des ganglions (24 cas soit 15% des cancers dépistés en CORREZE) et surtout des métastases (15 cas soit 9% des cancers dépistés).
Il convient de noter que les stades plus évolués sont à des taux moindres en Corrèze : envahissement ganglionnaire dans 15% des cas contre 23% au niveau national et atteinte métastatique dans 9% des cas contre 11% au niveau national.

Les stades très précoces –  avec guérison assurée sans traitement lourd – sont largement majoritaires dans les cancers du dépistage,  alors qu’ils concernent moins de 20% des cancers diagnostiqués devant l’apparition de signes cliniques.

Deux chiffres résument le bilan 2008-2014 du dépistage organisé du cancer colorectal par test Hemoccult en Corrèze :

•    170 cancers dépistés (dont les ¾ n’ont nécessité aucun traitement lourd)
•    386 lésions possiblement précancéreuses qui ont presque toutes été enlevées au cours de la coloscopie.

Cliquer ici pour voir les graphiques cancers dépistés et synthèse du dépistage

Avec le test immunologique, du fait de sa plus grande sensibilité, le taux de cancers dépistés devrait être doublé et celui des adénomes avancés multiplié par 2 ou 3. Donc une efficacité bien meilleure. Encore un argument pour vous convaincre tous et toutes de participer à ce dépistage !


 
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