POURQUOI UN PROGRAMME NATIONAL DE DÉPISTAGE DU CANCER DU SEIN

Le cancer du sein est fréquent, il représente plus du tiers des cancers chez la femme.
En France, 10 à 11 % des femmes sont ou seront confrontées à cette maladie.


Le nombre de nouveaux cas par an - on parle d'incidence - est élevé : 49 800 en 2005 et 53 000 en 2011,soit une augmentation de 6% entre ces deux dates.

Le nombre de décès secondaires à ce cancer était en 2005 de 11 200. L'estimation pour 2011 est de 11 500.

Si on découvre la maladie à un stade précoce, tumeur de petite taille, inférieure à 1 cm, sans atteinte des ganglions,
- le traitement est moins lourd – chirurgie et radiothérapie mais le plus souvent pas de chimiothérapie
- les chances de guérison sont bien plus grandes : la survie à 5 ans concerne plus de 90% des malades au lieu de seulement 55% s'il y a plus de 3 ganglions envahis.


Tous les cancers du sein ne sont pas identiques, ils n'évoluent pas tous de la même façon.

Certains sont localisés à l’intérieur des petits canaux  du sein, ce sont les cancers intracanalaires ou in situ. Les autres sont dits infiltrants ou invasifs. Ces deux formes de cancers sont parfois associées.

Sur 3 cancers intracanalaires, 1 va devenir invasif. Il n’est actuellement pas possible de prédire lequel. Le potentiel évolutif d’un cancer intracanalaire, même s’il est peu étendu et de bas grade, ne peut pas être affirmé.

Pour les cancers invasifs,  plusieurs facteurs de pronostic sont connus, en particulier taille de la tumeur, état des ganglions mais aussi type de cancer, grade évolutif, présence de récepteurs hormonaux, facteur de multiplication cellulaire, etc… mais il n’est pas non plus possible de prédire de façon sûre comment va évoluer  un  très petit cancer invasif de quelques millimètres dont les critères pronostiques semblent a priori favorables.

De nombreuses  études sont consacrées à ces cancers, cancers intracanalaires et cancers de très petite taille.

Leur dépistage pose le problème d’un possible sur diagnostic, dépistage et prise en charge de petites lésions qui n’auraient  peut –être pas évolué.

La découverte de bio marqueurs précisant le potentiel évolutif d’une lésion cancéreuse permettra de prédire l’évolutivité et de décider d’un traitement modulable, adapté à chaque cas. Les protocoles thérapeutiques seront encore plus individualisés et très souvent allégés, par exemple pas de radiothérapie ni de traitement complémentaire pour certains cancers intracanalaires et même certains cancers invasifs de petite taille,  ce qui éviterait toute forme de sur traitement.

Si certains accusent le dépistage de découvrir de trop petites tumeurs (et donc d’être trop performant …), d’autres critiques vont dans le sens inverse, elles concernent une possible insuffisance du dépistage du fait de la  découverte  d’un cancer du sein après un dépistage négatif et avant le dépistage programmé suivant.

On parle de faux négatifs et / ou de cancers d’intervalle. Il s’agit souvent de formes particulières de cancers, plus difficiles à objectiver ou plus rapidement évolutifs. Sur  1000 dépistages dans le cadre du dépistage organisé, on notera la survenue en moyenne d’1 à 2 cancers d’intervalle.

Le but du dépistage n’est pas de trouver des cancers, mais, s’il y a un cancer, d’en augmenter les chances de guérison.

La généralisation du dépistage organisé a facilité l’accès au dépistage pour toutes, a permis d’améliorer les pratiques, les techniques et les appareils, une évaluation nationale continue et rigoureuse en contrôle la qualité et les résultats.

Un dépistage précoce permet le plus souvent de mieux traiter et de mieux guérir.

20% de décès par cancer du sein sont évités pour les 50-74 ans, voire 30% pour les 55-65 ans du fait du dépistage et des progrès thérapeutiques.

 
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